LesPAZAventures

Le parc national Torotoro

Nous quittons le parc Sajama en direction du sud dans l’objectif d’atteindre Uyuni et son très célèbre salar.
En chemin nous faisons une halte pour admirer la petite église de Curahuaca de Carangas, qui se présente très simplement comme la chapelle Sixtine de l’Altiplano bolivien ! N’ayant jamais visité la réelle chapelle Sixtine de Rome, nous ne savons pas trop à quoi nous attendre ! Et nous avons littéralement été bluffé : vue de l’extérieur, cette petite église datant de 1605 ressemble à toutes les autres églises en adobe que nous avons pu voir depuis que nous circulons dans les Andes… avec une petite particularité tout de même, les fonds baptismaux sont situés dans une pièce à part du corps de l’église avec une porte très basse, laissant supposer que l’on y entrait à genoux…
Mais dès que nous que l’on pénètre à l’intérieur, s’offrent au regard d’immenses fresques murales d’époque peintes sur tous les murs et les plafonds et réalisées à l’aide de pigments naturels (plantes, sang d’animaux, minéraux divers des environs…)
De nombreuses scènes bibliques sont représentées telle que la naissance de Jésus, la cène, le jugement dernier où est apparait une roue décrivant 8 péchés capitaux (l’avortement étant considéré comme tel par les artistes ayant réalisé ces peintures), ou encore le déluge et l’Arche de Noé !
Les photos ne sont bien entendu pas permises à l’intérieur pour ne pas dénaturer les peintures, surtout depuis leurs restaurations en 2009… mais des cartes postales un peu moches sont à la vente et permettent de donner une idée de ce que l’on peut admirer une fois entrés !

1 la chapelle sixtine de l'altiplano bolivien
Puis nous reprenons la route et rattrapons rapidement la voie rapide 1, autrement appelée, Ruta 1 : c’est une 2×2 voies en très bon état, limitée à 80 km/h alors que c’est un boulevard ! Même en Argentine ou au Chili nous n’avons pas vu de telles routes… nous y avons certes payé moins de péages, mais quand même…
Il faut dire cependant que cette route traverse de nombreux villages et qu’il y a parfois quelques ralentissements dus aux minibus qui déposent des passagers au niveau du marché qui empiète un poil sur l’autoroute !!

2 ruta 1 bolivia
On observe également de nombreux tags très favorables au président en place depuis plus de 10 ans maintenant : con Evo, si !!
Lorsque nous arrivons aux alentours d’Oruro, passage obligé pour descendre à Uyuni, nous ne sommes donc pas trop surpris de voir une file de voitures, de bus et de camions qui sont à l’arrêt sur la Ruta 1. Ce qui nous interpelle plus c’est de voir les gens descendre des bus et des camions avec tout leur barda et continuer à pied… lorsque nous nous renseignons, nous comprenons que des manifestants bloquent l’entrée de la ville…

3 blocage à Oruro

2 options s’offrent à nous, faire un détour pour y accéder quand même, ou changer de fusil d’épaule et faire notre boucle bolivienne dans l’autre sens, en commençant par le parc national Torotoro.
C’est cette 2eme option que nous choisissons et nous mettons le cap vers Cochabamba, distante de 180 km de là où nous sommes d’après le GPS. Il n’est que 15h, nous n’hésitons pas trop et nous attaquons la Ruta 4.
Le seul petit problème c’est qu’une bonne partie de cette Ruta 4, qui accessoirement passe par un col à plus de 4500 mètres, est en travaux, pour ne pas dire sur la moitié de la distance à parcourir … nous n’y roulons pas beaucoup plus vite que si nous étions sur de la piste et il nous faudra de longues heures pour enfin atteindre, à la nuit, Cochabamba, la 3eme plus grande ville du pays !

4 ruta 4 vers cochabamaba
Nous aurons le temps d’admirer le paysage et les travaux routiers qui ont réellement lieu, contrairement à toutes les zones de travaux sans ouvrier ni machine que nous avons pu voir en Argentine !
On croisera dans des endroits très improbables, à plus de 4000 m d’altitude de très nombreux chiens errants, qui doivent vivre des déchets jetés par-dessus bord par les usagers de la route, des dames accompagnées de leurs enfants qui vendent nourriture et feuilles de coca aux ouvriers ou aux nombreux routiers ou encore les Fanjo boliviens qui doublent comme des fous sans visibilité en plein virage et de nuit par-dessus le marché !

C’est quasiment au col que notre compteur atteindra ses 16000 km ! 

4b 16000 bornes
Nous ne nous attarderons pas à Cochabamba, juste le temps de passer à la lavanderia déposer du linge, et de faire quelques courses dans un immense supermarché dont les rayons pourraient rivaliser sans problème avec les hypermarchés occidentaux : on a du mal à se croire en Bolivie, ou en tout cas à l’idée que l’on s’en fait !
De Cochabamba, il y a environ 140 km pour rejoindre le parc national Torotoro : les 40 premiers kilomètres sont asphaltés et sont une succession de villages, et les 100 derniers kilomètres sont pavés avec des graviers… c’est assez joli, on y roule pas beaucoup plus vite que sur de la piste (surtout que certains endroits sont assez abîmés) mais surtout les chaos de la route sont assez réguliers et on soulève nettement moins de poussière !

5 en route vers Torotoro
On arrivera enfin à Torotoro à la nuit (encore une fois en moins d’une semaine en Bolivie !) après 1h30 de route asphaltée au milieu des villages, 1h30 pour faire le plein à Tarata (dans cette station service, les véhicules aux plaques étrangères, ne peuve t faire le plein qu’en donnant une photocopie du passeport du conducteur et qu’avec des bidons, or les nôtres ne sont pas super accessibles sous le châssis et ça prend du temps de les sortir et surtout de les remettre !), 30 minutes de pause casse-croûte et 5 heures de route pavée avec toutes ses embuches : le curé du village qui arrive tellement vite avec son 4×4 qu’il nous fait chavirer dans le fossé, les vaches au milieu de la route qui ne veulent pas bouger et un petit caillou coincé entre nos roues jumelées !!

6 les embuches

6bis arrivée à torotoro

Bref, on est contents d’être arrivés et on le sera encore plus le lendemain lorsqu’on se réveille au milieu de paysages somptueux.
Sur le chemin des bureaux du parc national, nous traversons le village et la petite place de l’église nous met dans le ton : nous entrons bien en terre de dinosaures !!

7 village de Torotoro
Après nous être acquittés du droit d’entrée, nous partons accompagnés de notre guide du jour, Marina, pour la balade du Vergel, et le canyon de Torotoro, profond de plus de 300 mètres (la Tour Eiffel pourrait y loger facilement !!). La balade est très agréable et les filles se sont régalées, même Agathe a marché pratiquement tout du long, le plus souvent en tête de peloton 😉

8 balade el Vergel
Sur le chemin, nous pourrons observer de nombreuses traces laissées par des dinosaures voilà 80 millions d’année environ !! Impressionnant de se dire qu’on foule pratiquement le même sol, qui devait être un peu plus mou au crétacé !

9 cerro waylas
Le lendemain , c’est avec Freddy que nous partirons à la découverte de la Ciudad de Itas, un site assez éloigné de la petite ville de Torotoro : 21 km de piste, près de 1000 mètres de dénivelé, ça faisait un peu beaucoup pour que notre camping car le gravisse d’un seul coup ! Comme en Argentine, il a fallu le faire souffler un peu en milieu de montée… la piste, par moments gelée, est assez impressionnante et passe à flanc de falaise avec des précipices vertigineux… seul Freddy est impassible et passe la quasi-totalité du trajet à finir sa nuit sur le siège passager !!

10 village de Torotoro
Une fois arrivés à 3700 mètres d’altitude, on peut commencer la balade : et c’est parti pour 2 heures mi marche mi escalade ! Un vrai régal !!

11 ciudad de itas

12 les cathédrales de grès

13 retour accrobatique
C’est loooinnnn mais qu’est ce que c’est beau !!
Malheureusement il est déjà le temps de repartir… c’est qu’on a un planning serré en juillet 😉
On serait bien restés quelques jours de plus pour faire quelques autres balades…. Une autre fois peut être, parce que ce parc national a été un réel coup de cœur !

4 Comments

  • Nada

    Super sympa de vous suivre!

  • Hélène BOUÉ

    Alternance de petits tracas et de magnifiques découvertes , l’aventure est toujours au rendez-vous ….
    Bises des parents

  • Julien Verriere

    Salut!!! J’y suis passé aussi!!! Que de bon souvenirs et de belle rando!!! Biz à tout les 4!!! Sa donne envie de reprendre le sac à dos….😉

  • Emilie Rosaz

    C’est super dépaysant ! Quelle aventure, qu’elles vues, quelles distances ! Bravo les PAZAventuriers.

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